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mardi 12 juillet 2011

Comment l'Egypte ancienne a inventé l'ophtalmologie

C'est l'un des enseignements du colloque Médecine et chimie dans l'Antiquité, organisé la semaine dernière au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), situé sous la cour du musée du Louvre, à Paris. Objectif : montrer qu'en travaillant ensemble, chimistes et spécialistes des textes anciens peuvent déchiffrer les secrets de la médecine antique.

Les fards égyptiens en fournissent une bonne illustration. Le C2RMF a réalisé des analyses physico-chimiques sur les résidus trouvés dans les flacons conservés au Louvre. Celles-ci ont mis en évidence 4 composés chimiques principaux, tous à base de plomb : la galène, la cérusite, la laurionite et la phosgénite, qui permettent, selon leurs dosages respectifs, d'obtenir toute la gamme des gris, du blanc pur (cérusite pur) au noir (galène). 

« Mais ce mélange a aussi une justification thérapeutique : la laurionite, qui est un sel de plomb, est le seul de ses composés qui soit soluble dans l'eau (donc dans les larmes), explique Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire du C2RMF. Or on a pu montrer que, comme les ions calcium, les ions plomb, à faible dose, stimulent le système immunitaire, protégeant ainsi l'oeil des infections fréquentes dans la vallée du Nil, surtout en période de crue. »

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mercredi 22 juin 2011

Nous sommes devenus plus petits avec l'agriculture

Il y a 10 000 ans de cela, dans la région nommée le « croissant fertile », les humains ont commencé à se sédentariser et à faire pousser des plantes. Auparavant, ils se contentaient de chasser et de cueillir. Cela s'est répandu ensuite, par apprentissage ou par découverte indépendante. Les humains ont alors mangé moins de choses variées ; quelques céréales. Ils ont eu ainsi des déficiences nutritionnelles et plus de difficultés pour s'adapter au stress.

Nous sommes devenus plus petits avec l'agriculture

La densité de population s'est accrue de manière importante : les conditions sanitaires ont souvent été pitoyables, avec une proximité accrue des animaux d'élevage qui permettaient des contaminations bactériennes et virales. Pendant longtemps, les hommes n'ont fait que rapetisser. Ce n'est que depuis 75 ans principalement, depuis la mécanisation de l'agriculture, que les tailles moyennes s'accroissent.

Une étude a en effet passé en revue les données sur les squelettes (caries, densité osseuse, etc.) qui provenaient de différents coins du monde. Il existe depuis 1984 une théorie qui a montré que l'agriculture avait pendant la majorité du temps provoqué une moins bonne santé. Pourquoi avons-nous développé l'agriculture dans ce cas ? Il est possible qu'un refroidissement ait eu lieu entre -12700 et-11500.

Quelqu'un a eu l'idée de planter des graines pour ne pas avoir à cueillir trop loin du village ; cela a marché et cela a pris et on connaît la suite.

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mercredi 8 juin 2011

Cocaine Tooth Drops | HOW TO BE A RETRONAUT

Coca wine (above) combined wine with cocaine to produce cocaethylene which ingested is nearly as powerful a stimulant as cocaine.

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mardi 20 juillet 2010

Pourquoi Fleming n'a pas inventé la pénicilline

En 1928, Alexander Fleming observe par hasard les propriétés de la pénicilline, mais s'intéresse davantage à ses effets désinfectants qu'à ses vertus thérapeutiques. Il faudra attendre quatorze ans pour que Florey et Chain revisitent sa découverte pour mettre au point le premier antibiotique...20/07/10


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Le 3 septembre 1928, Alexander Fleming revient de vacances et retrouve son laboratoire de Saint Mary's Hospital, à Londres. Une mauvaise surprise l'attend : certaines des boîtes de Petri sur lesquelles il faisait pousser des staphylocoques dans le cadre de ses recherches sur les vaccins ont été contaminées par une moisissure. Le coupable est une souche de champignon microscopique, « penicilium notatum » , utilisé par son voisin de paillasse. Sur le point de jeter ses cultures désormais inutilisables, il remarque qu'autour des colonies cotonneuses d'un blanc verdâtre, les staphylocoques n'ont pas poussé. Intrigué, il émet l'hypothèse que ce phénomène est dû à une substance sécrétée par le champignon, qu'il baptise tout naturellement « pénicilline ». En 1929, il publie le détail ces observations dans le « British Journal of Experimental Pathology ». Les éventuelles vertus thérapeutiques de la pénicilline y sont mentionnées et deux de ses collaborateurs, Craddock et Ridley, tentent en vain d'isoler la substance. Mais Fleming témoigne peu d'intérêt pour l'entreprise. Il se concentre, lui, sur les effets désinfectants de ce « penicillium », dont il utilise des extraits pour fabriquer des milieux de culture sélectifs.

 

Culture à grande échelle 

En 1933, Ernst Boris Chain, biochimiste allemand qui a quitté l'Allemagne nazie pour la Grande-Bretagne, est recruté comme « lecteur » à l'université d'Oxford. Il s'intéresse alors à différents sujets, dont les lysosymes (agents du système immunitaire ayant la capacité de détruire la paroi des bactéries), dont Fleming était un des spécialistes. En 1939, quand il rejoint le laboratoire d'Howard Walter Florey pour travailler sur les agents antibactériens naturels, il est donc au fait des travaux du chercheur. C'est donc tout naturellement qu'il en vient à réexaminer le « cas » de la pénicilline. Grâce à une souche de « penicilium notatum » fournie par Fleming, il se lance dans une culture à grande échelle et parvient à isoler une petite quantité de pénicilline. C'est le chimiste Edward Abraham qui va la purifier en mettant en oeuvre une nouvelle technique, la chromatographie par adsorption. En 1940, un premier essai in vivo montre que la pénicilline permet de sauver des souris infectées par des streptocoques, bien que la concentration en pénicilline ne soit que de 1%. « It looks like a miracle ! » écrit Ernst Chain en marge de son cahier de laboratoire. 

L'équipe se hâte de publier ses résultats dans la revue « Lancet » du 24 août 1940 mais sans le retentissement qu'on pouvait légitimement en attendre. La Grande-Bretagne est en effet sous les bombes allemandes et redoute à tout moment une invasion. L'équipe entreprend néanmoins de tester la pénicilline chez l'homme. Et en dépit d'un premier échec chez un patient trop malade, les essais s'avèrent concluants. Pour aller plus loin, les chercheurs ont maintenant besoin de produire la pénicilline en plus grande quantité, ce qui se révèle très difficile en Grande-Bretagne pendant cette période de guerre. Florey et Hardley décident donc de quitter l'Angleterre pour les Etats-Unis. Et ils continuent à tester de nouvelles souches de « penicillium » dans l'espoir d'en découvrir une qui ait un meilleur rendement. C'est finalement une moisissure trouvée sur un melon qui permet de franchir un pas décisif en matière de rendement. Elle produit plus du double de la souche de Fleming.

 

Substance stratégique 

Pendant la guerre, les recherches sur la pénicilline, désormais considérée comme une substance stratégique, sont interdites de publication. Mais pour accélérer le passage à une production de masse qui s'inscrit désormais dans un effort de guerre, les laboratoires pharmaceutiques américains Merck et Pfizer sont mobilisés. La première usine est inaugurée par Pfizer en 1944, ce qui permet aux Alliés d'en disposer pour le débarquement de Normandie. Dès 1945, la production est suffisante pour lever les restrictions, et on la trouve en pharmacie. En cette même année 1945, Fleming, Florey et Chain reçoivent le prix Nobel de médecine pour « la découverte de la pénicilline et ses effets curatifs de nombreuses maladies infectieuses ».

Le manque d'intérêt initial de Fleming pour sa découverte peut surprendre, alors même qu'il avait entrevu dès 1929 des applications thérapeutiques. Elle est pourtant emblématique des découvertes réalisées par ceux qui cherchent autre chose. De même que Christophe Colomb n'a pas découvert l'Amérique parce qu'il cherchait les Indes, Fleming travaillait à mettre au point des vaccins, pas des antibiotiques. Et de façon plus globale, les mentalités n'étaient pas prêtes à accueillir cette innovation. L'heure était à la vaccinologie, pas à l'antibiothérapie qui va émerger progressivement au cours des années 1930, notamment avec l'invention des sulfamides (1935), ancêtres des antibiotiques.

 

CATHERINE DUCRUET

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

 

Des pansements au Roquefort

 

Empirisme.

Les bergers des Causses n'avaient pas attendu les découvertes de Fleming et consorts pour tirer parti des pouvoirs bactéricides des champignons microscopiques de la famille « penicillium » Ils traitaient en effet les plaies en y appliquant du fromage de Roquefort et autre bleu des Causses, pour éviter la . La médecine de l'époque combattit activement cette méthode, accusant les bergers de charlatanisme et d'exercice illégal de la médecine. Il fallut attendre la découverte des propriétés de la pénicilline pour que l'empirisme des bergers soit reconnu, même si d'autres formulations sont aujourd'hui préférées !

 

Tous droits réservés (2010) LES ECHOS

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samedi 29 mai 2010

L'auto-chirurgie de Leonid Rogozov »

Le chirurgien Leonid Rogozov (1934-2000), était dans une expédition russe dans l'Antarctique en 1961. En avril 1961, il est tombé malade avec des douleurs sévères dans l’abdomen provoqués par une appendicite. Sous l’oeil des autres membres de l’équipe, il s’est découpé lui-même, durant deux heures, pour éviter une péritonite.

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mercredi 26 mai 2010

La forme du coeur

Enfin une explication rationnelle de la forme du cœur. Pas celle de l’organe mais celle du symbole de l’amour, celle que les filles aiment en bijou, les  garçons en gâteau et qui ne ressemble que très vaguement à une illustration anatomique.

 

La forme du coeur

Symbole de l'amour : la graine de silphium sur une pièce d'argent de 700 av JC

 

Une des représentations les plus anciennes de ce symbole figure sur les pièces  en argent de Cyrène datant de 700 av JC et représente des graines de silphium. Cette plante de la famille de la férule aujourd’hui disparue ne poussait que dans cette région de la Libye actuelle et était l’un de ses principaux produits, cité dans plusieurs textes anciens. Certains historiens vont jusqu’à penser que cette plante a justifié à elle seule la colonisation et la fondation de Cyrène par les Grecs.

 

Et à quoi donc servait cette plante si recherchée ? A beaucoup de choses assez habituelles pour des plantes “médicinales”, mais surtout au contrôle des naissances. Ses vertus contraceptives étaient reconnues dans tout le monde antique et semblent bien avoir été réelles puisque dès la domination romaine sur Cyrène en 96 av JC, la natalité de la Rome antique pourtant à son apogée a baissé. A cette époque le médecin Soranus écrivit :

“les femmes doivent boire le jus de silphium avec de l’eau une fois par mois car il empêche non seulement la conception, mais détruit aussi tout ce qui existe.”

 

Récemment, des parents de la silphium ont été soumis à des tests de laboratoire. Asafoetida a réduit d’environ 50% la fécondité des rats et Jaeschikaena Ferula a été efficace à près de 100% lorsqu’administrée dans les trois jours suivant la copulation.

 

http://itech.dickinson.edu/chemistry/wp-content/uploads/2008/04/progesterone.png

Symbole de l'Amour s'il n'y avait pas eu la silphium ...

 

Durant le premier siècle av JC, la silphium était un produit très recherché, mais les tentatives de la cultiver ou la replanter ailleurs qu’en Cyrénaïque ont échoué. Selon Pline, les derniers plants de silphium ont été offerts à l’empereur Néron, donc vers l’an 60 de notre ère. Il n’est pas certain que la surexploitation soit la cause unique de la disparition de silphium, mais les fabricants de pilules contraceptives peuvent remercier les Romains de ne pas nous en avoir laissé quelques graines bien au sec…

 

Références

  1. Pline l’Ancien ” Histoire naturelle Livre XIX, 15
  2. The Cyrenaica Archaeological Project
  3. Alan Bellows “The Birth Control of Yesteryear“, 2007, damninteresting.com

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