L’article intitulé "Les côtés ténébreux de Mère Teresa", qui va être publié dans la revue Studies in Religion au mois de mars, n'est pas à l'avantage de Mère Teresa. Les conclusions de Larivée et ses deux collègues se basent sur la lecture de 500 ouvrages évoquant la vie de la religieuse décédée en 1997 à Calcutta (Inde).
Grosso modo, Mère Teresa acceptait l’argent des dictateurs, ne voulait pas entendre parler de divorce ou d’avortement et laissait les malades souffrir dans ses institutions caritatives à l’hygiène douteuse.
Larivée confie à Lapresse.ca que "dans ses centres d'hospitalisations, les patients étaient laissés à eux-mêmes. Ils recevaient peu de soins palliatifs ou de médicaments pour soulager leurs douleurs, car pour Mère Teresa, souffrir rapprochait de Dieu". Il note également qu’elle "s'est opposée aux interruptions de grossesses des femmes bosniaques qui avaient été violées par des Serbes". Toujours selon les chercheurs montréalais, la réputation de Mère Teresa serait une vaste opération de relations publiques menée par le Vatican pour revitaliser le catholicisme. Le miracle qui lui a par exemple permis d’être béatifiée serait de l’esbroufe. "Les sœurs religieuses de l'hôpital où était traitée une femme qui avait de graves douleurs à l'abdomen ont payé la patiente et son mari pour qu'ils affirment que Mère Teresa avait guéri ses douleurs". Il ressort que la femme en question a été soignée grâce à des médecins et non pas seulement par l’opération du Saint Esprit.
Mère Teresa savait aussi récolter les dons pour sa fondation. Et parmi les donateurs, l’ancien président des USA Bill Clinton ou feu Lady Diana côtoient des noms nettement moins glorieux. "Elle a notamment reçu des dons de l'ancien dictateur haïtien, Jean-Claude Duvalier. Un homme lui a également offert un jet privé, et plus d'un million de dollars qui avaient été volés à des caisses de retraite de petits épargnants, aux États-Unis. Lorsqu'il a été cité en procès, elle a même écrit une lettre à la cour, pour le défendre", révèle encore le chercheur.
Avec toutes ces casseroles, Larivée se demande malicieusement comment la religieuse a pu être récompensée par le prix Nobel de la Paix.
Via : Lapresse.ca
Illustration : Túrelio, Wikipedia
Par Guillaume RocheFollow @Leyog
mercredi 27 février 2013
Des chercheurs s'attaquent au mythe de Mère Teresa
dimanche 17 février 2013
Pilule contraceptive : faut-il “intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoires de bien vouloir fermer leur claque-merde”? | DocBuzz - l'autre information santé
«Nombreux sont les interlocuteurs qui, dans le dossier des risques des pilules, évoquent spontanément le “scandale Diane 35″ » ; ainsi débute un article du journal Le Monde érigeant l’affaire Diane 35 en nouveau scandale national : on ne sait qui sont ces «nombreux interlocuteurs» mais c’est bien la meilleur manière pour débuter un article sans témoin et créer de toute pièces un nouveau «scandale». Prenez une femme, victime d’une pathologie qui pourrait potentiellement être un effet secondaire d’un médicament et portant plainte, un avocat ayant des connections médiatiques, quelques journalistes santé recalé en première année de médecine et désireux de prendre leur revanche, un député dont la capacité de langage scientifique ne dépasse pas le terme «suspension», un ministre de la santé qui fait l’exact contraire du précédent au nom de la même démagogie et à moins d’un an de distance, et vous obtenez le terreau nécessaire et suffisant à un subtile nouvelle affaire, non pas un scandale, mais une abracadabrantesque guignolade qui fait s’ahurir la communauté scientifique internationale, surprise que la France découvre avec retard, que prendre une pilule peut favoriser une phlébite dont on peut même mourir, un effet secondaire connu, référencé, publié, chiffré, enseigné depuis plus de 50 ans, tout comme était connu et publié le sur-risque thromboembolique des pilules de troisième génération par rapport aux secondes. Ces informations étaient et restent accessibles aux médecins comme aux patients.
Les journaux, dont Le Monde, évoquaient ce matin, la survenue de décès sous un médicament, Diane 35 : « L’Agence du médicament confirme quatre morts liées à la pilule Diane 35 » titrait Le Monde, illustrant ce titre tapageur d’étuis de pilules qui ne correspondaient pas au médicament Diane 35. L’agence du médicament a confirmé, dimanche 27 janvier, quatre morts “imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35″ depuis 1987. Voilà le scoop, 4 décès sous un médicament en 26 ans, soit un décès tous les 7 ans environ, certes trop, mais rappelons que le tabac tue 220 personne par jour, la pollution 22, et l’automobile 10, sans faire aucun scandale même dans ce grand journal qu’était Le Monde. Personne n’a beaucoup plus d’information puisque selon le communiqué de l’ANSM qui confirme ces décès, un rapport sera rendu public la semaine prochaine. Cela n’empêche pas nos brillants journalistes de fanfaronner : Evoquant des données de risques thromboemboliques multipliées par 6,68 récemment publiées dans le journal Le Figaro, nos Don Quichotte estiment que ces « éléments viennent s’ajouter à l’alerte qui a été lancée par Le Monde il y a quelques semaines concernant les risques que présentent les pilules de troisième et quatrième génération » ! Une alerte qui mériterait au moins le Pulitzer. A ce rythme, les journalistes français vont bientôt publier le Vidal !
Diane 35, est une combinaison d’ethynylestradiol et d’acétate de cyprotérone, un anti testostérone, également utilisé par exemple dans la composition de l’Androcur, traitement prescrit dans le cancer de la prostate. Si Diane 35 est indiqué en France dans le traitement de l’acné et de l’hirsutisme, tous deux favorisés par la testostérone, il n’a jamais reçu d’AMM pour bloquer l’ovulation. Il était cependant facile pour les médecins face à des jeunes filles présentant par exemple un peu d’acné de préconiser et prescrire Diane 35 (en hors AMM) et de bénéficier de son effet anti-ovulatoire. Certes, elle n’était pas remboursée par la sécurité sociale, mais aucune pilule de troisième ou quatrième génération ne l’était. Certes, elle avait un risque thromboembolique supérieur aux pilules de deuxième génération, mais qui restaient identiques à celui des autres pilules de troisième génération. Quant-à savoir si elle a été trop prescrite, nous ne disposons pas des données permettant d’affirmer ou d’infirmer cela. Connaissant le volume des ventes de pilules et les risques étant correctement cernés, l’ANSM est en mesure de dire si le nombre constaté d’évènements indésirables sous pilule correspond aux effets attendus, les dépasse ou les réduit.
Si il est pour l’instant difficile de détecter ici un scandale autrement que chez les vendeurs de papier, cette nouvelle affaire nous montre cependant encore une fois, qu’il n’y a personne à la tête de la santé en France, que l’ANSM est incapable de relever les défis qui sont les siens, que le ministère de la santé est incapable d’émettre un message cohérent et rassurant sur la durée (Bertrand rembourse, Touraine dérembourse), et que les médecins comme les associations de spécialistes de la santé (les kinésithérapeutes hier, les gynécologues aujourd’hui…), systématiquement trainés dans la boue par les journalistes et accusés de collusion et donc d’incompétence, devraient commencer à utiliser tous les moyens à leur dispositions pour “intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoires de bien vouloir fermer leur claque-merde!” (Les Tontons Flingueurs George Lautner)
Quelle est la valeur de la parole scientifique de M. Philippe Even ? | DocBuzz - l'autre information santé
La presse a dans notre pays un grand pouvoir, un contre-pouvoir diront certains. Un nouveau « Scoop » lancé par le Nouvel Observateur défraye la chronique : selon un livre écrit par MM. Even et Debré, “Plus d’un médicament sur deux serait inutile voire même inefficace, 20% mal tolérés, 5% potentiellement dangereux” et, fait incroyable, “75 % sont remboursés par la sécurité sociale.” Evidemment une telle révélation ne peut que faire frémir les français qui tous, passé un certain âge, utilisent au moins une thérapeutique, qui pour traiter une hypertension, un mal de dos, ou un cancer. Aucun traitement n’est épargné. Evidemment si tel est le cas, ce qu’affirment en tout cas les deux auteurs, ce n’est ni plus ni moins qu’une dénonciation salutaire d’un complot mondial mêlant les « agence du médicament » de tous les pays, industrie pharmaceutique, et politiques de tous bord, sans épargner les millions de patients non éclairés qui, à travers le monde, acceptent de se laisser berner sans sourciller.
D’autres se chargeront peut-être de relire les 900 pages de ce dernier ouvrage afin d’y pointer les éventuelles erreurs et approximations scientifiques qui conduiront peut-être des patients à cesser des traitements qui pouvaient leur être utiles. Les médecins et pharmaciens de première ligne, au contact quotidien de malades réels, seront les premiers à juger de l’existence ou non de telles conséquences.
Mais puisque M. Even se pose en donneur de leçon d’une éthique scientifique et morale, il serait peut-être nécessaire de se poser factuellement la question de la valeur de la parole scientifique de M. Even qui se présente aujourd’hui comme « président de l’institut Necker » une association loi 1901 sans aucun lien avec la faculté de médecine du même nom, mais capable d’entretenir la confusion dans l’esprit d’un lecteur, d’un auditeur ou d’un téléspectateur ignorant de la chose.
Le père de Philippe Even était pneumologue, chef du service de pneumologie à l’hôpital Laennec. Le Pr Jacques Chrétien, un clinicien brillant et pneumologue reconnu pour sa lutte acharnée contre la tuberculose lui succéda. Lui-même cèdera ensuite son poste au fils de son prédécesseur. Philippe Even fut nommé professeur en 1966 alors que, selon ses propres termes il n’avait «encore fait aucun travail important» (site histrecmed). Une analyse de la banque de donnée des publications scientifiques internationales Pubmed (Even P), indique qu’il publia au cours de sa carrière quelques dizaines d’articles scientifiques dont beaucoup dans des revues françaises de petit impact factor mais qu’il ne fut jamais associé à aucune recherche ou découverte d’envergure. Il essaya pourtant.
« La démarche intellectuelle des chercheurs fondamentalistes me plait davantage que les discussions de mes collègues médecins qui m’ennuient » Philippe Even-site histrecmed
En 1985, la maladie qui fait la une de tous les journaux du monde, c’est le SIDA. Cette maladie est identifiée en juin 1981 aux Etats-Unis par le centre de contrôle des maladies d’Atlanta. L’agent pathogène, le virus du SIDA (VIH1) est isolé en février 1983 par le professeur Luc Montagnier et son équipe de l’Institut Pasteur, une découverte majeure. Le 29 octobre 1985, M. Even, et deux autres médecins de l’hôpital Laennec, Jean-Marie Andrieu, cancérologue, et Alain Venet, immunologiste, tiennent une conférence de presse où ils annoncent tout simplement avoir découvert un traitement du SIDA : « Nous avons ouvert une nouvelle voie thérapeutique qui est d’un intérêt particulier » offrant « un espoir raisonnable de guérison » (écoutez un interview audio de M. Even de 1985).
Le monde scientifique resta circonspect face à cette utilisation des médias pour annoncer les résultats d’une expérimentation débutée seulement quelques semaines auparavant et n’ayant, au moment de son annonce, aucune conclusion concrète.
En fait cette petite équipe emmenée par M. Even avait mis en place une expérimentation sauvage chez au moins 10 êtres humains atteints par le virus VIH, en ne respectant aucune règle scientifique ni éthique : ils avaient administré à ces patients déjà immunodéprimés, la ciclosporine, un médicament immunosuppresseur, qui a pu précipiter le décès de patients dont le système immunitaire était déjà affaibli par le virus VIH et souffrant pour certains d’infections concomitantes.
La commission nationale d’éthique (présidée à l’époque par le professeur Jean Bernard), qui doit valider tout protocole de recherche chez l’homme n’avait pas été consultée. Le consentement éclairé des patients n’avait pas non plus été recueilli. Par ailleurs, à cette époque, la ciclosporine ne pouvait être dispensée qu’au sein des trente-cinq services de transplantation d’organes français et son usage était extrêmement contrôlé. En aucun cas, l’équipe de M. Even n’aurait du disposer de ce médicament.
Fait aggravant, la conférence de presse qui allait annoncer au monde la découverte d’une “nouvelle voie thérapeutique” dans le traitement du SIDA avait été donnée au sein même du ministère des Affaires Sociales (qui exerçait la tutelle sur la Santé), dirigée à l’époque par la ministre Georgina Dufoix qui donc cautionnait cette recherche (et sera plus tard impliquée dans l’affaire du sang contaminé).
Le 11 novembre 1985, le premier des patients traités par M. Even décède (en fait, l’un d’eux serait décédé avant même la conférence de presse mais il n’en sera pas question alors). Ce premier patient “officiellement” décédé était un homme homosexuel âgé de 38 ans qui avait reçu de la ciclosporine depuis 3 semaines. Dans un entretien téléphonique donné au journal américain The New York Times, qui en publiera des extraits le 12 novembre 1985, M. Even persistait : «Le programme expérimental a montré des résultats prometteurs et il est élargi». M. Even y justifie la mort du patient et déclare qu’il s’agissait d’un «cas désespéré», affirmant que sa mort n’était pas inattendue, étant donné le stade avancé des infections multiples du patient.
Malgré déjà au moins deux décès, l’absence de déclaration de l’essai clinique et l’impossibilité légale pour ces médecins de prescrire de la ciclosporine, aucune autorité scientifique éthique ou politique de l’époque ne tenta d’interrompre l’essai connu de tous depuis la conférence de presse ; ”Ce que je peux dire concernant les 10 premiers patients que nous avons suivis, c’est que les résultats confirment entièrement les espoirs que nous avions” explique encore M. Even dans l’article du NYT.
La ciclosporine, connu pour être immunosuppresseur, agirait selon lui en paralysant les cellules infectées par le virus du sida, prévenant la propagation de la maladie et permettant au corps de reconstruire son système immunitaire. Cette idée avait germé suite à la lecture de la thèse encore non publiée d’un chercheur, David Klatzmann, qui émettait l’hypothèse que la ciclosporine pourrait être utile à l’étude des mécanismes du sida in vitro. C’est peut-être cet engouement pour «La démarche intellectuelle des chercheurs fondamentalistes» qui poussa M. Even à passer de l’hypothèse in vitro à l’homme sans s’encombrer des conséquences?
Aucune sanction ne sera prise contre les médecins. Aucune famille ne portera plainte. Aucune enquête ne sera ouverte pour déterminer comment la ciclosporine, cet immunosuppresseur, a pu être prescrite hors AMM à des patients immunodéprimés, le Conseil de l’Ordre des médecin n’intentera aucune action de radiation. Cet épisode de la médecine française est dorénavant connu sous le nom de “l’affaire de la ciclosporine”. (Pour en savoir plus sur cette “Affaire de la ciclosporine”, lisez l’article “L’espace public de la recherche médicale. Autour de l’affaire de la ciclosporine” de Nicolas DODIER, disponible en ligne et téléchargeable gratuitement)
Trois années après cette épopée scientifique qui donna au monde entier une triste image de la recherche française, M. Even fut promu au rang de doyen de la faculté Necker.
L’équipe de médecins publia un article en 1988, soit 3 ans plus tard, intitulé « Effects of ciclosporin on T-cell subsets in human immunodeficiency virus disease » qui indiquait que la ciclosporine avait été administrée à 33 patients contaminés par le virus du Sida. Leur conclusion était que «Ces résultats devraient stimuler la recherche biologique ainsi que la recherche clinique chez des patients séropositifs pour le VIH avec l’objectif de retarder ou de prévenir la survenue du SIDA ». En 2008, un chercheur américain, Martin Markowitz évalua de nouveau l’intérêt de la ciclosporine, cette fois de manière légale, chez des patients séropositifs pour le HIV et recevant un traitement antirétroviral. L’essai conclut que la ciclosporine n’apportait aucun bénéfice virologique ou immunologique.
Cette première sortie médiatique de M. Even fut également la dernière en tant que médecin.
« Les campagnes anti-tabagiques se fondent trop souvent sur des mensonges comme le danger du tabagisme passif qui est, en fait, inexistant » Philippe Even-site histrecmed
Parmi ses autres prises de positions, aujourd’hui oubliées par les médias, mais encore identifiables sur internet, figure celle, intéressante, venant d’un ex pneumologue, ex professeur des hôpitaux de Paris, dénonçant les campagnes anti-tabac. Ces campagnes anti-tabac se fondent selon lui «trop souvent sur des mensonges comme le danger du tabagisme passif qui est, en fait, inexistant. Les arguments utilisés sont en fait destinés à mobiliser les non-fumeurs pour tenter de culpabiliser les fumeurs et cela en biaisant la réalité ». Quelles réactions ont pu avoir des fumeurs à cette prise de position? En 2001, les dangers du tabagisme et du tabagisme passif étaient pourtant déjà bien connus. Ils seront confirmés par l’OMS qui estimera que le tabagisme passif cause 600 000 morts par an (The Lancet, nov 2010).
« L’industrie pharmaceutique assume désormais une recherche de caractère industriel qui permet d’étudier en un jour autant de molécules qu’on en étudiait en dix et il est vrai que la découverte constante de nouveaux médicaments a valu un certain nombre de prix Nobel à ses chercheurs » Philippe Even-site histrecmed
La nouvelle sortie médiatique de MM. Even et Debré, liée à la publication de leur livre, le “Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux”, traitée comme un scoop d’envergure, n’a en fait, rien de neuf. Les fondements de la démonstration des auteurs avaient déjà été publiés par les mêmes dans un rapport publié en Janvier 2011, “RAPPORT DE LA MISSION SUR LA REFONTE DU SYSTEME FRANCAIS DE CONTRÔLE DE L’EFFICACITE ET DE LA SECURITE DES MEDICAMENTS”. En résumé, ce rapport de 83 pages, également disponible en ligne, dénonçait l’ensemble de la chaine du médicament, de leur création, à leur commercialisation, en passant par les multiples étapes de la vie d’un médicament : études tronquées, chercheurs incompétents et corrompus par l’industrie, revues médicales complaisantes et infiltrées, agences du médicament incapables, gouvernements complices, etc. De ce maelstrom d’incompétences et de corruptions, ressortait évidemment que des centaines de médicaments étaient finalement inutiles, destinés uniquement à générer du chiffre d’affaire pour une industrie pharmaceutique cynique. Un complot à l’échelle mondiale auquel il était temps de mettre fin.
- “Selon notre propre analyse des 4.500 médicaments sur le marché, hors génériques, (…) il y a sur les 1.120 molécules originales, 100 (9%) molécules majeures, 210 (19%) molécules importantes, 250 (22%) molécules d’effet généralement modeste, 170 (15%) d’effet mineur et 390 d’effet nul, soit 560 molécules originales (50%) sans intérêt, comme le sont la majeure partie des 170 associations et les 160 produits divers homéopathiques, oligothérapiques et phytothérapiques, dont beaucoup sont encore remboursés au minimum à 15 et 35%, voire 65%” (page 13).
- “12% (des médicaments), soit 140 molécules originales en 200 versions commercialisées, sont à manipuler avec plus d’attention encore, à cause des accidents sérieux ou graves, et même parfois mortels, qui ont été rapportés”.
On regrettera évidemment qu’en 83 pages, qu’aucunes de ces assertions ne soient argumentées ni scientifiquement référencées, un oubli finalement logique si les revues médicales sont si corrompues.
L’ensemble de cette théorie du complot est très inspirée des arguments développés par une ancienne rédactrice en chef du New England Journal of Medicine, Marcia Angell, dans un ouvrage publié en 2005 et dont M. Even assura la traduction française. L’ouvrage ne rencontra alors aucun succès médiatique. Le moment était probablement mal choisi.
Il y a une dizaine d’années, la parole scientifique de M. Even, âgé alors de 68 ans, était toute autre. Il concluait un interview en ces termes : “En France, on peut dire que l’Etat a tué l’industrie pharmaceutique. A partir de 1945, il a voulu contrôler les dépenses de santé en bloquant le prix des médicaments, depuis lors, ceux ci sont payés à l’industrie une fois et demie moins qu’en Allemagne ou qu’en Angleterre. L’industrie s’est adaptée à cette situation. En estimant trop élevé le cout de développement de nouveaux médicaments elle a fait l’impasse sur le long terme. Moyennant quoi l’Etat a perdu sur tous les tableaux puisque non content de torpiller une industrie, dans le même temps les Français sont devenus les premiers consommateurs mondiaux de médicaments (troisième marché mondial). Le fond du problème est que depuis un demi siècle l’Etat n’a jamais pris en compte le fait que la santé est une priorité pour les Français et que celle ci a un prix qu’il ne faut pas chercher à raboter au risque de réaliser de fausses économies. D’ailleurs, avec 8,5% du PIB, il n’y a qu’en Angleterre où les dépenses de santé soient inférieures au taux français. Dans tous les pays développés ces dépenses oscillent entre 10 et 11% du PIB. En France, les dépenses de santé représentent 800 milliards par an, mais on oublie que notre système fait vivre 2 millions de personnes et qu’il suscite des recettes liées à la production de biens et de services. Le vrai déficit, c’est ce qu’on doit importer, c’est-à-dire tous les équipements et tous les médicaments qu’on ne produit pas en France, ce qui représente un trou de 100 milliards par an seulement. Et, si nous en sommes là, c’est parce qu’on a tué l’industrie pharmaceutique, comme celle de l’imagerie médicale et autres équipements“. Une argumentation contraire à l’actuelle mais pas plus référencée.
La parole scientifique de M. Even est donc bien virevoltante. L’avenir dira si cette dernière sortie médiatique de M. Even était la bonne.
jeudi 24 janvier 2013
Il faut cesser de s'en prendre à l'industrie pharmaceutique
Serrer la main d'un industriel de la pharmacie revient aujourd'hui à se commettre avec Satan. Que doivent penser les employés de ces firmes qui travaillent honnêtement ? Exposés à la vindicte publique, ils ne peuvent réagir, alors qu'ils sont plus de 100.000 en France à oeuvrer au développement et à la production de médicaments qui sauvent des milliers de vies et soulagent tant d'hommes, de femmes et d'enfants. Oui, l'industrie médicale, dans le cadre de contrats de partenariat et de protocoles réguliers, a fourni à de nombreux acteurs sanitaires, chercheurs et services hospitaliers en tête, des aides financières que les recettes publiques ne pouvaient supporter. L'affaire du Mediator, puis celle des pilules de dernières générations anéantissent ces collaborations au prétexte de dérives médiatisées à outrance occultant les vrais enjeux. C'est un changement profond de nos mentalités qu'il faut opérer afin de promouvoir ce renversement conceptuel qu'appelle l'indispensable collaboration directe entre les patients et une industrie honorable et utile.
Deux raisons plaident pour cette collaboration. Premièrement, l'amélioration de la qualité des produits et des prestations offerts passe toujours par un accès direct à ceux qui les utilisent, les malades. En matière de santé, les intermédiaires que nous sommes, médecins prescripteurs, sont les seuls évaluateurs des résultats. Erreur partielle de cible, car, si nous savons analyser l'action et les éventuelles complications d'un produit, nous ne pouvons en déterminer l'effet profond, sauf à devenir malade nous-mêmes. Deuxièmement, la montée en puissance du malade, acteur de sa souffrance et non plus patient ignare, sans voix ni jugement. Son immixtion dans la sphère de la décision thérapeutique devient incontournable dans les maladies chroniques, où il acquiert une connaissance fine de ce qui lui arrive, des risques encourus et des modifications à adopter pour y parer. Il sait parfois mieux que le médecin comment gérer personnellement son traitement ! Refuser cette collaboration entre industrie et patients serait une erreur magistrale en ce qu'elle perpétue un ordre sanitaire fondé sur l'ignorance de celui qui subit les traitements au bénéfice exclusif du professionnel « sachant » qui les prescrit.
Se dessine donc un nouveau rôle pour les industriels de la santé : celui de conseil en éducation et observance thérapeutique auprès des malades, nouveaux lanceurs d'alertes visant à informer directement les fabricants. La puissance des systèmes informatiques devrait grandement aider à cette collection inestimable de données transmises en temps réel. J'entends d'ici les cris d'orfraie des amateurs de la pureté divine et les tenants de la séparation des intérêts. Revendiquons au contraire haut et fort ces liens entre les deux parties : intérêt du malade à guérir, intérêt de l'industriel à produire un médicament à l'effet primaire puissant et aux effets nocifs minimes. Sortons de ce débat stérile, englués que nous sommes dans une sémantique moralisatrice perverse. De la notion de lien, on est passé sciemment à celle de « conflit d'intérêts », ruinant tout effort de travail partagé. Il existe, bien sûr, des comportements déviants et des pratiques malhonnêtes qui méritent sanction, mais regardons d'abord le bénéfice thérapeutique apporté aux malades, qui, lui, dépasse et de loin les conséquences nocives de ces attitudes scandaleuses.
samedi 30 juin 2012
Baclofène, la polémique s'amplifie - Le Nouvel Observateur
Lors du scandale du Médiator, le rôle de la presse médicale a été fortement critiqué. Accusée d’être le porte-flingue de l’industrie pharmaceutique, elle a été épinglée dans le rapport sénatorial de la commission d’enquête sur le Médiator en ces termes (p. 191-192) : "Une lecture critique de la presse médicale montre un désintérêt manifeste, qui peut confiner à de l’aveuglement, sur les effets indésirables des médicaments. Ceci accrédite ainsi le procès fait par certains d’une véritable 'mise sous influence' de cette presse. [ …] Force est cependant de constater […] que la liberté de la presse est à la presse médicale ce que le fair play est au sport professionnel, un objectif lointain et inaccessible, que l’on se fixe pour sauver les apparences."
L’équilibre financier de nombreux organes de cette presse repose sur les publicités qu’ils reçoivent de l’industrie pharmaceutique, qu’il faut donc ne pas contrarier.
Auditionnés devant cette commission, les principaux représentants de la presse médicale ont été mal à l’aise et, disons-le, assez peu convaincants. Alors qu’on lui demandait pourquoi son journal n’avait pas rendu compte du livre d’Irène Frachon sur le scandale du Médiator, le président-directeur général du Quotidien du Médecin avait répondu fort élégamment qu’il ne faisait pas "les chiens écrasés".
Le syndicat national des journalistes avait à cette occasion rappelé les pratiques non éthiques d’une presse asservie à des intérêts commerciaux dans un communiqué daté du 13 avril 2011. Le SNJ appelait "l’ensemble des rédactions de la presse médicale à un sursaut déontologique, salvateur en pleine crise de confiance des lecteurs pour leurs organes de presse et du public pour l’industrie du médicament." Hélas, nul sursaut ! Rien n’a changé !
Attaque du "Quotidien du Médecin"
En effet, dans son édition du 29 mai 2012, "Le Quotidien du Médecin", sous la plume de monsieur Chiens-Ecrasés, son président-directeur général, est intervenu dans le débat suscité par le baclofène sous le titre "Des miracles hors AMM ?" et dans ces termes :
"Le Nouvel Observateur l’a mis en couverture de son dernier numéro : 'On a trouvé un remède contre l’alcoolisme !' Ah bon ? Ils savent déjà qu’à la rentrée 2012 pourrait sortir une nouvelle molécule, le nalméfène, qui semble, après trois études contrôlées de phase III, efficace et bien tolérée dans le traitement de la dépendance à l’alcool ? Pas le moins du monde ! Il s’agit du baclofène, dont les supporters enthousiastes poussent à une large utilisation hors AMM, en l’absence d’études contrôlées dans l’indication de la dépendance à l’alcool et malgré de sérieux doutes sur la tolérance à une large échelle de cette molécule.
La pression de prescription, relayée par les médias grand public, prend des proportions dont on peut s’étonner que nos autorités, promptes à dénoncer le scandale de la prescription hors AMM du Mediator, laissent faire… Pourtant, la surcharge pondérale ne constitue-t-elle pas un facteur de risque aussi sévère que l’alcoolisme ? Ne devait-on plus, promis, juré, laisser utiliser à une telle échelle des produits hors AMM sans preuves sérieuses, dans un cadre rigoureux, de la tolérance et de l’innocuité du produit ? Y aurait-il deux poids deux mesures permettant dans un cas de condamner avant de juger et dans l’autre de décider sans savoir ?
N’y a-t-il donc plus de lanceurs d’alerte ?
Qui sera condamné lorsque surviendront des accidents sévères, voire des morts ?
En tout cas, au "Quotidien", on la lance, l’alerte !"
"Efficace et bien toléré"
Qui s’étonnera que cette publication fasse la promotion du laboratoire Lundbeck et de l’un de ses produits en voie de commercialisation, le nalméfène, et cherche à intimider ceux qui prescrivent son principal concurrent, le baclofène ? Se prétendre lanceur d’alerte quand on fait la propagande d’une entreprise qui vous finance ne manque pas de sel. Surtout, chaque phrase ou presque de ce texte contient une contre-vérité. Il est indispensable de rétablir certains faits.
La formule "efficace et bien toléré", usée jusqu’à la corde car employée pour chaque sortie d’un nouveau médicament, s’applique-t-elle vraiment au nalméfène ? En réalité, c’est un traitement peu efficace puisqu’il permet seulement de réduire dans de très modestes proportions la consommation d’alcool, en moyenne d’un verre dans les essais en double aveugle contre placebo.
La première demande d’autorisation de mise sur le marché n’a pas été accordée à ce médicament en raison de sa faible efficacité et des problèmes méthodologiques que pose sa demande d’enregistrement.
Le nalméfène traite-t-il la dépendance à l’alcool ?
Certainement pas. Il est une sorte de double d’un produit déjà commercialisé depuis longtemps, la naltrexone (sous le nom de Revia) et dont l’efficacité est très réduite. Il ne s’agit donc pas d’une avancée thérapeutique, contrairement au baclofène, qui lui, ne fait l’objet d’aucune promotion par l’industrie pharmaceutique.
Le président-directeur général du "Quotidien du Médecin" oublie de dire qu’on dispose sur le baclofène de données d’efficacité et de tolérance suffisantes pour que les pouvoirs publics, dont il dénonce à tort l’inertie, aient souligné son intérêt dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance et donné un feu vert à son utilisation dans cette indication, même s’il ne s’agit pas d’une autorisation de mise sur le marché en bonne et due forme (voir le point d’information de l’Agence nationale de sécurité du médicament en date du 24 avril 2012). L’ANSM déclare aussi que les données de pharmacovigilance sont rassurantes. On rappelle qu’aucun mort lié à l’utilisation du baclofène n’est à ce jour à déplorer et qu’en cas d’absorption massive, le baclofène seul est sans danger.
Traitement plus efficace
Par un curieux raisonnement, Le "Quotidien du Médecin" dit qu’il ne faudrait pas prescrire le baclofène parce qu’il risquerait d’y avoir des morts, alors qu’il n’y en a pas, et fait un parallèle avec l’affaire du Médiator. S’il y a un parallèle, il se trouve dans la constante servilité de cet organe de presse à l’égard de ceux qui lui assurent ses bénéfices.
Comment oser dire enfin qu’il n’y a pas de preuves sérieuses d’efficacité du baclofène ? Certes le niveau de preuve de l’efficacité du baclofène n’est pas celui des essais en double aveugle contre placebo.
Le premier essai de ce type vient de démarrer après beaucoup de tergiversations de la bureaucratie sanitaire française. Le niveau de preuve, plus faible mais néanmoins acceptable, repose principalement sur une étude de cohorte portant sur 181 malades suivis plus d’un an. Elle montre que si on comptabilise les perdus de vue (49 patients) comme des échecs du traitement, ce qui n’est pas forcément le cas, le taux d’abstinence ou de consommation modérée à un an est de 58%.
Comme tous les témoignages des patients le confirment, ce traitement est beaucoup plus efficace que tout ce qui existe par ailleurs dans le traitement de la dépendance à l’alcool. C’est bien parce que les pouvoirs publics ont compris l’intérêt du baclofène pour aider les alcoolo-dépendants qu’ils en facilitent l’usage. Ceux qui cherchent à le freiner ont en vue d’autres intérêts que celui des malades.
Bernard Granger
lundi 4 juillet 2011
Les médecins américains contre Photoshop - Le Point
Halte aux logiciels de retouche d'images ! Voici l'avertissement lancé par l'American Medical Association (AMA), la plus grande association de médecins américains, afin de lutter contre les "effets destructeurs" des photos de modèles présentés aux adolescents américains. "Nous devons cesser d'exposer à des enfants influençables des mannequins avec des corps retouchés à l'aide de logiciels photo", affirme le docteur Barbara MacAneny, membre du conseil de l'AMA.
Et l'organisation est déjà entrée en campagne. Associée à l'ONG féministe Girls Scout of America, elle a lancé en juin l'idée d'une nouvelle directive concernant la publication d'images de femmes dans les magazines de beauté. Sa méthode : favoriser au maximum les échanges entre les organisations de santé pour enfants et les organismes de publicité, pour limiter au maximum l'usage des retouches de photos. Plusieurs stars du cinéma américain ont déjà rallié la cause. Parmi elles, Geena Davis ou la pulpeuse Espagnole Penelope Cruz, qui a répété son souhait de voir fermer "tous ces magazines pour ados qui encouragent les jeunes filles à faire des régimes".
mardi 11 janvier 2011
Conflits d’intérêts, n’oublions pas les journalistes
Les "dealers d’opinion", ceux qui vendent leur pouvoir d’influence, ne se recrutent pas que chez les experts médicaux. Les journalistes ont aussi leur lot d’équilibristes de l’éthique, cette fois-ci journalistique.
Avec l’affaire du Mediator, le public affine sa prise de conscience de l’infiltration de l’information médicale par des intérêts financiers et notamment pharmaceutiques. Pourtant, quelques mois auparavant, la pathétique gestion de la pandémie H1N1 avait montré qui tirait réellement les ficelles de la santé publique française aussi bien qu’internationale.
Cette situation est désormais banalisée. Tout récemment encore, la Présidente de la puissante et richissime Société Française de Cardiologie affirmait dans le Monde " Je ne suis pas choquée qu’il y ait des infiltrations des sociétés savantes par les laboratoires ". Incroyable, non ?
Quand on passe les bornes, il n’y a plus de limites nous disait Alfred Jarry.
Mais certains journalistes jouent un rôle important dans la désinformation orientée.
Hélène Cardin, spécialiste santé sur France Inter, est une caricature de cette déviance. Son morceau de bravoure a été un Le téléphone sonne sur les hormones dans le traitement de la ménopause. Il s’agissait de réhabiliter ce traitement qui favorise pourtant les cancers du sein. Elle a pour cela invité des "Notables de la ménopause" [1] avec lesquels elle a écrit un livre sur le sujet, pour en vanter les bienfaits.
En pratique, les dealers d’opinion ne seraient rien sans leurs homologues "journalistes". Honte à eux !
mercredi 2 juin 2010
J'en ai plein le dos de la pub Pfizer de Franck Lebœuf | Rue89
Comment faire de la publicité pour un médicament quand la loi vous l'interdit ? Grâce aux campagnes de sensibilisation dites de « disease awareness ». Cas d'école avec celle de la firme américaine Pfizer intitulée « Dos au mur », en ce moment sur tous vos écrans.
Pfizer a choisi Franck Lebœuf, footballeur devenu comédien, pour incarner sa nouvelle campagne « d'information » sur la spondylarthrite ankylosante, dont les spots TV et radio seront diffusés pendant cinq semaines. (Voir la vidéo)
Sur le Net, un buzz interactif, relayé -moyennant rémunération- par quantité de bloggeurs, à l'instar d'A la portée.com, redirige l'internaute vers le site principal « Dos au mur ».
Voici pourquoi, moi-même atteinte de spondylarthrite ankylosante, suis gênée par cette campagne. Trois recettes classiques sont utilisées.
Exagérer la prévalence de la maladie
La campagne entretient la confusion avec un banal mal de dos un peu tenace… Aucune mention n'est faite de ce qui signe la spondylarthrite ankylosante (SPA) de façon si caractéristique.
Alors qu'il existe un test très simple et spécifique de la SPA, les critères d'Amor, le site propose un test maison qui ne détecte que grossièrement non pas la SPA mais les rachialgies inflammatoires.
N'importe qui peut dès lors se sentir visé par cette campagne, ce qui est bien le but : 70% des Français se plaindraient de maux de dos.
Exagérer la gravité de la maladie
Le site vante surtout une classe de médicaments, les « anti-TNFalpha », ici désignés sous le terme plus générique et sympathique de « biothérapie ».
Une première vidéo livre le témoignage d'un patient. Tony a une forme de SPA particulièrement grave, peu représentative par sa sévérité -seules 25% à 30 % des SPA sont graves et invalidantes- et surtout sa résistance aux traitements de première ligne (15% des patients selon l'avis de la Haute autorité de Santé du 25 février 2004).
Les anti-inflammatoires et traitements dits de fond sont dès lors présentés comme inefficaces, au contraire des anti-TNFalpha qui ont bouleversé sa vie.
Les anti-TNFalpha peuvent avoir des effets spectaculaires, mais au détriment des défenses immunitaires du patient : ils augmenteraient le risque d'infections et de cancers.
La Haute Autorité de Santé ne les indique d'ailleurs qu'en cas d'échec des autres traitements, uniquement pour les cas les plus sévères, c'est à dire moins de 1 patient sur 6.
Exagérer l'intérêt du traitement à promouvoir
La seconde vidéo est une interview du professeur René-Marc Flipo, secrétaire général de la Société française de rhumatologie (SFR), pavoisée de logos Pfizer.
Le professeur Flipo s'était déjà illustré en 2002, pour la firme Merck, en vantant auprès des médecins l'innocuité du Vioxx, retiré du marché en 2004 après avoir provoqué plus de 30 000 décès aux Etats-Unis.
Pour Dosaumur.com, il fait la promotion de la maladie et « surtout, surtout » des anti-TNF alpha. Avec une carotte inédite et choquante :
« Cette maladie peut donner ce que l'on appelle le remboursement à 100% ».
Si en plus l'essai est gratuit…
Genèse de la philanthropie opportune de Pfizer
Pfizer aime les spondylarthritiques depuis octobre 2009, lorsque le laboratoire a finalisé une fusion historique à 68 milliards de dollars avec le laboratoire Wyeth.
Pour un retour sur investissement rapide, il a misé aussitôt sur la promotion d'Enbrel, un marché de 6,45 milliards de dollars pour l'année 2009, à 1 117 euros la boîte de 4 seringues en France, soit 13 000 euros l'année de traitement.
En 2009 déjà, la campagne « Stop rhumatismes », conçue par la même agence, avait ciblé dans un premier temps la polyarthrite rhumatoïde et le segment des femmes seniors, avec Claude Brasseur en tête de gondole. Nul doute que la prochaine campagne ciblera le psoriasis chez les enfants et adolescents via leurs mamans ménagères de moins de 50 ans.
On peut regretter que la Société française de rhumatologie apporte sa caution à ces campagnes, censément à son initiative. Il est clair que c'est le payeur Pfizer qui a conservé la haute main sur le contenu fortement biaisé du message. C'est bien un employé de Pfizer qui collecte votre numéro de portable depuis le site Internet.
« Grâce » à cette campagne, les personnes spondylarthritiques n'auront peut-être plus à épeler le nom de leur maladie, mais elles n'en sortiront pas gagnantes.
Quand le terme de SPA sera galvaudé, quand la moindre dorsalgie sera étiquetée SPA débutante, nous serons renvoyés à ce que beaucoup d'entre nous ont trop connu : le statut de malades imaginaires.
Photo : capture d'écran du site Internet de la campagne « Dos au mur ».